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Enquête : quelle est la rémunération des gérants majoritaires de SARL ?

D’après la dernière étude de l’INSEE, le revenu moyen des gérants majoritaires de SARL est reparti légèrement à la hausse. Mais il reste très inférieur à celui de certains autres non-salariés et de fortes disparités subsistent selon le secteur d’activité.

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3 880 € par mois en moyenne

C’est le revenu d’activité moyen des gérants majoritaires de SARL en 2024. Il correspond au revenu déclaré à l’URSSAF par les gérants, qu’il s’agisse de leur rémunération ou de la fraction de leurs dividendes soumise aux cotisations sociales.


Après la baisse de 6 % enregistrée en 2023, ce revenu progresse de 0,8 % en euros constants. Cette légère reprise ne permet toutefois pas de compenser les pertes des années précédentes : le pouvoir d’achat du revenu moyen des gérants majoritaires reste inférieur de 8,2 % à son niveau de 2019.


Fin 2024, l’INSEE dénombre 940.000 gérants majoritaires de sociétés, soit 2,1 % de plus qu’un an auparavant.


Leur revenu demeure par ailleurs inférieur de 12 % à celui des entrepreneurs individuels, hors micro-entrepreneurs. Ces derniers ont gagné en moyenne 4 410 € par mois en 2024, soit une hausse de 0,9 % en euros constants.

Nota :le revenu d’activité retenu par l’INSEE est calculé après déduction des cotisations sociales payées dans l’année, mais avant la CSG non déductible et la CRDS. Pour les gérants majoritaires, il inclut également la part des dividendes supérieure à 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant d’associé. Les revenus nuls sont pris en compte dans le calcul de la moyenne.

Des écarts importants selon le secteur d'activité

Vous constatez que ce revenu moyen est très éloigné du vôtre ? En réalité, la moyenne globale masque de fortes disparités. Près d’un non-salarié classique sur deux perçoit plus de 3 000 € par mois, tandis que 8 % gagnent au moins 10 000 €.


Attention : dans les tableaux qui suivent, l’INSEE ne distingue pas les seuls gérants majoritaires. Les chiffres par secteur portent sur l’ensemble des non-salariés classiques, c’est-à-dire les gérants majoritaires et les entrepreneurs individuels, hors micro-entrepreneurs.

Parmi les secteurs les moins rémunérateurs :

Secteur d'activitéRevenu moyen mensuel
(y compris revenus nuls)
Evolution par rapport 
à l'année précédente
Taxis/VTC 1 540 € - 3,5 %
Commerce de détails hors magasin 1 560 € + 3,7 %
Coiffure et soins de beauté 1 690 € + 0,7 %
Enseignement 2 020 € + 4,7 %

A l'inverse, les secteurs les mieux rémunérés sont :

Secteur d'activitéRevenu moyen mensuel
(y compris revenus nuls)
Evolution par rapport 
à l'année précédente
Médecins et dentistes 10 180 € + 0,9 %
Activités juridiques et comptables 8 240 € - 0,5 %
Pharmacie 6 390 € - 7,4 %
Activités financières et d'assurance 6 170 € - 0,9 %

Revenus mensuels moyens des gérants majoritaires par catégorie :

CatégorieRevenu moyen mensuel
(y compris revenus nuls)
Evolution par rapport 
à l'année précédente
Industrie (hors artisanat commercial) 3 320 € + 0,9 %
Construction 3 050 € + 0,1 %
Commerce et artisanat commercial 3 100 € - 0,5 %
Transports 2 050 € - 3,0 %
Services aux entreprises 5 170 € - 0,3 %
Services aux particuliers (hors santé) 1 960 € + 0,5 %
Professions paramédicales, sage-femmes 3 890 € + 1,0 %

Les écarts de revenus entre gérantes et gérants persistent

L’étude de l’INSEE ne fournit pas de chiffres séparés pour les seules gérantes majoritaires. Elle relève toutefois que les femmes représentent désormais 42 % de l’ensemble des non-salariés, contre 31 % en 2008.


Parmi les non-salariés classiques, elles perçoivent en moyenne 3 620 € par mois, contre 4 470 € pour les hommes, soit 19 % de moins. Une partie de cet écart s’explique par un volume de travail moins important, mais aussi par le fait qu’elles sont plus jeunes et dirigent en moyenne des entreprises plus petites.


Pourtant, les femmes sont relativement plus nombreuses dans certains des secteurs les mieux rémunérés, notamment parmi les médecins, les professions du droit et les pharmaciens. Si elles se répartissaient de la même manière que les hommes entre les différents secteurs, leur revenu moyen serait en réalité inférieur de 30 % à celui de leurs homologues masculins.

12,7 % des gérants majoritaires sans revenu déclaré

Autre point marquant de l’étude : 12,7 % des gérants majoritaires déclarent un revenu d’activité nul en 2024, contre 14 % en 2023. Cette proportion reste près de deux fois supérieure à celle des entrepreneurs individuels, qui s’établit à 6,5 %.


Un revenu d’activité nul ne signifie cependant pas nécessairement que le gérant n’a rien perçu. Il peut notamment avoir reçu des dividendes qui, parce qu’ils n’excèdent pas le seuil de 10 %, ne sont pas comptabilisés par l’INSEE dans son revenu d’activité.


Là encore, les écarts selon l’activité sont importants. Pour l’ensemble des non-salariés classiques, la proportion de revenus nuls ou déficitaires varie de 1,5 % chez les professions paramédicales et les sages-femmes à 27,2 % dans les activités immobilières. Elle atteint également 17,1 % dans le commerce de détail hors magasin et 18,8 % dans les services administratifs et de soutien aux entreprises.

Source : INSEE Première, n° 2114, juin 2026