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Dividendes : combien vous reste-t-il après impôt et cotisations ?

Distribuer des dividendes peut sembler plus avantageux qu’augmenter sa rémunération. Mais en SARL, le montant réellement encaissé dépend fortement de votre statut : simple associé, gérant minoritaire ou gérant majoritaire. Explications et exemples.

  • Votre statut

Avant toute chose, il convient de rappeler qu'il n’existe pas une seule réponse définitive. Dans certains cas, les dividendes permettent de conserver davantage de revenu disponible. Dans d’autres, la rémunération est plus intéressante, notamment lorsque les dividendes supportent aussi des cotisations sociales.


Ceci étant dit, certaines règles doivent être rappelées pour que vous puissiez réaliser votre arbitrage en connaissance de cause.

Première règle : les dividendes ne sont pas déductibles du bénéfice

Avant même de parler de fiscalité personnelle, il faut rappeler une différence essentielle :

  • la rémunération du gérant est, en principe, déductible du bénéfice imposable de la société soumise à l’impôt sur les sociétés ;
  • les dividendes, eux, sont distribués après impôt sur les sociétés. La société paie donc d’abord l’IS, puis distribue éventuellement le bénéfice restant.


Prenons l'exemple d'une SARL réalisant 50 000 € de bénéfice avant rémunération ou dividendes. Dans ce cas :

  • si elle verse une rémunération au gérant, cette rémunération vient diminuer son résultat imposable ;
  • si elle distribue des dividendes, elle doit d’abord payer l’IS, puis seulement ensuite distribuer le bénéfice restant aux associés.


C’est pourquoi il ne faut jamais comparer uniquement “rémunération avec cotisations” et “dividendes sans cotisations”. Le raisonnement doit être fait après impôt sur les sociétés, prélèvements sociaux, impôt sur le revenu et, le cas échéant, cotisations sociales.

Gérant majoritaire de SARL à l’IS : attention au seuil de 10 %

Pour un gérant majoritaire de SARL à l’IS, la fraction des dividendes qui dépasse 10 % du total formé par le capital social, les primes d’émission et les sommes inscrites en compte courant d’associé est soumise aux cotisations et contributions sociales des travailleurs indépendants.


Exemple :

Une SARL a un capital de 10 000 €. Le gérant majoritaire détient 100 % des parts et ne dispose d’aucun compte courant d’associé. Le seuil de 10 % est donc de 1 000 €.

Si la société lui verse 20 000 € de dividendes :

  • 1 000 € relèvent du régime classique des dividendes (seuil de 10 %) ;
  • 19 000 € sont soumis aux cotisations et contributions sociales des travailleurs indépendants.


Dans ce cas, le gérant ne peut donc pas raisonner en se disant qu’il conservera simplement 68,6 % de ses dividendes. Au-delà du seuil de 10 %, une part importante de la distribution supporte des cotisations sociales, comme une rémunération.


C’est pourquoi, pour un gérant majoritaire, la rémunération reste souvent plus intéressante que les dividendes, notamment parce qu’elle évite de payer l’impôt sur les sociétés avant le versement.


Gérant minoritaire ou égalitaire de SARL à l’IS : les dividendes restent des revenus du capital

Pour un gérant minoritaire ou égalitaire de SARL soumise à l’IS, les dividendes suivent en principe le régime classique des revenus de capitaux mobiliers. Il en va de même, en principe, pour un associé non gérant.


Par défaut, ils sont par conséquent soumis au prélèvement forfaitaire unique (31,4 %), composé de l’impôt sur le revenu (12,8 %) et des prélèvements sociaux (18,6 %).

Exemple : votre SARL vous verse 10 000 € de dividendes. Avec le PFU 2026 de 31,4 %, le prélèvement total est de 3 140 €. Vous conservez donc 6 860 €.


Mais ce calcul n’est qu’une première approche. Il faut aussi tenir compte de l’impôt sur les sociétés déjà payé par la société, de votre tranche d’imposition personnelle, et de l’intérêt éventuel de l’option pour le barème progressif avec abattement de 40 %.


Gérant associé unique d’EURL : même logique si l’EURL est à l’IS

Lorsque l’EURL a opté pour l’impôt sur les sociétés, le gérant associé unique se trouve dans une situation proche de celle du gérant majoritaire de SARL.

Ses dividendes sont soumis aux cotisations sociales des travailleurs indépendants pour la fraction qui dépasse le seuil de 10 %.


En pratique, si le capital social et le compte courant d’associé sont faibles, ce seuil est vite dépassé.

Exemple : une EURL à l’IS dispose d’un capital de 5 000 € et n’a pas de compte courant d’associé significatif. Le seuil de 10 % est de 500 €. Toute distribution supérieure à 500 € entraînera donc l’assujettissement aux cotisations sociales sur la fraction excédentaire.


Là encore, la rémunération peut être plus efficace que les dividendes, surtout si l’objectif est de sortir régulièrement de l’argent de la société.